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Femme Fatale

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les avis de Cinemasie

2 critiques: 2.62/5

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15 critiques: 2.38/5



Ordell Robbie 3.25 Contrefaçon.
Ghost Dog 2 La maestria ne suffit pas
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Contrefaçon.

Les DE PALMA des années 90, très célébrés à juste titre par la critique hexagonale, faisaient cependant regretter le cinéaste des débuts qui revisitait HITCHCOCK à coup de mélange de romantisme exacerbé et de cynisme manipulateur, celui qui n’hésitait pas à plonger tête la première dans la vulgarité pour resusciter l'esprit des classiques du maître du suspense. Beaucoup moins affranchis de leurs influences, prêtant beaucoup moins le flanc à la théorisation sauce Cahiers, un Pulsions ou un Body Double étaient aussi bien plus vivants et incarnés. Ce DE PALMA-là se retrouve en partie avec Femme Fatale. Femme Fatale, c’est photographié en gris. Mais pour un étranger, Paris est une ville grise. Comme dans Frantic de POLANSKI, autre HITCHCOCKerie sur Seine. Femme Fatale est bourré d’indices visibles faisant que le retournement de fin n’en est pas un. Comme chez HITCH. Femme Fatale est vulgaire à la parisienne. Comme Body Double était vulgaire à la californienne. A Los Angeles, c’était le glamour style Dallas/Dynasty et le monde du porno. A Paris, c’est la vulgarité franchouillarde –ces videurs et flics échappés d’une production BESSON-, la vulgarité des pubs Dior, la vulgarité du alors très fashionable style camouflage.  A Los Angeles, on rejouait Vertigo sur fond de Frankie Goes to Hollywood sur un plateau porno. A Paris, c’est sur fond de SAEZ dans un bar style biker de Pigalle. 

Femme Fatale, c’est un film qui n’aurait pu fonctionner avec une Uma THURMAN prévue au départ. Parce que l’ouverture du film oppose la vulgarité d’époque de son héroïne au glamour d’un Assurance sur la mort diffusé sur petit écran, la femme fatale du film ne pouvait avoir autant d’allure que Mia. Femme Fatale, c’est DE PALMA qui s’amuse à faire de la variation sur du DE PALMA, à retravailler ses situations fétiches, ses figures de style, ses morceaux de bravoure quitte à y ajouter du grotesque ou du ridicule. Ce goût de la variation trouve un écho parfait dans celles du score de SAKAMOTO sur RAVEL et Bernard HERRMANN. Certains pourront alors choisir d’adopter une posture complice avec le cinéaste pour mieux savourer la maestria formelle du film et ses retournements narratifs culottés, d’autres d’auteuriser à mort, d’autres enfin de crier à la panne d’inspiration et au film vain. Sauf que le cynisme manipulateur de DE PALMA avec ses retournements tirés par les cheveux aboutit à ce dernier plan… qui nous redonne les mâles hitchcockiens frustrés par les femmes qui leur échappent. 

Mais –la critique  n’est pas terminée- il reste quand même des choses de l’ordre de l’inexcusable, même au nom d’une légitime subjectivité cinéphile : que la plupart des seconds rôles semblent échappés d’une production BESSON ne justifie pas leur jeu d’acteur niveau production BESSON ; que BANDERAS ne soit pas là pour jouer le mâle raffiné ne justifie pas sa prestation pas très convaincante. La prestation moyenne de ROMIJN-STAMOS ne dispose d'aucune circonstance atténuante : d’autres mannequins devenues actrices ont montré qu’elles savaient jouer la comédie (Uma THURMAN justement). Enfin, deux ou trois bouts de dialogue frôlant la série Z ne méritent pas plus d'être passés sous silence. Du coup, DE PALMA aura offert un joli regard dans le rétroviseur de sa filmographie… sans pour autant totalement être à la hauteur de son passé. Mais non sans un certain charme laissant une petite trace après visionnage.



23 juillet 2002
par Ordell Robbie




La maestria ne suffit pas

Cette fois-ci, malgré tout son savoir-faire, Brian De Palma ne convainc guère. Ses split-screens, ses survols de l’action et ses nanas dénudées apparaissent pour une fois bien vaines dans un scénario à la limite du foutage de gueule, multipliant incohérences et facilités d’écriture indignes d’un cinéaste de son rang : pour s’en persuader, il suffit de méditer quelques instants sur ces quelques scènes parmi d’autres :
1) le vol des bijoux au festival de Cannes où une blonde entraîne une brune vêtue d’un serpent en or en guise de bustier dans les toilettes, l’embrasse et la caresse en faisant tomber un à un ses parures, ramassées et remplacées par un complice caché dans les chiottes d’à-côté… A hurler de rire.
2) Le saut dans le vide depuis le troisième étage de la blonde avec une perruque brune, pour atterrir finalement sur un gros coussin et tomber nez à nez avec les parents de son sosie disparu depuis peu… Consternant.
3) L’entrée dans l’appartement de Lily, qui n’aperçoit la blonde ni dans son bain, ni à moitié cachée derrière un rideau… Etrange.
4) La mort des 2 méchants blacks à la fin… Pas crédible une seconde.

Dans cette relecture paresseuse de Vertigo et Lost Highway (avec le transfert de personnalité – ce que Lynch appelait « fugue psychogénique » - de la blonde en brune), rien ne séduit jamais vraiment : ni l’interprétation de Rebecca ou d’Antonio Banderas, ni la musique omniprésente mais peu inventive du pourtant talentueux japonais Sakamoto, encore moins le rebondissement onirique de l’intrigue et sa pseudo-réflexion sur le destin, modifié en bien à la fin. Cependant, si DePalma se prend les pieds dans ce projet biaisé depuis le départ pour son premier film en France, ses fans ne lui en voudront pas car ça reste malgré tout du DePalma, soit une histoire tordue filmée d’une manière possédant désormais un copyright… Et puis, la seule bonne idée du film est drôlement bien trouvée : lors de la projection de Est-Ouest (Régis Wargnier) au festival de Cannes, une méga-coupure de courant due à un braquage épargne 2 longues heures de mélo aux festivaliers reconnaissants ; un beau fantasme qui se réalise ici devant la caméra !



08 février 2003
par Ghost Dog


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